Tout savoir
pour démarrer et réussir une activité de
freelance Ca y est, vous vous êtes mis à
votre compte... Ou plutôt, vous en rêvez, Auteur : Michel Paysant |
|
Vous en rêviez, mais personne ne l'a fait pour vous : vous vous êtes mis à votre compte. Ou plutôt, vous rêvez de le faire, mais personne ne vous explique comment y parvenir. On vous le déconseille plutôt : « Pense aux risques, pas de bulletin de salaire en fin de mois, pas de protection sociale. Pas de chômage, pas de congés payés. Au moins, pense à ton conjoint, à tes enfants. » Sans compter les bonnes âmes : « Mon pauvre Monsieur (Madame), devenir indépendant ? Vous n'arrivez pas à trouver un vrai job ? » N'empêche, l'envie vous taraude. Vous rencontrez des anciens collègues, des amis, des cousins. Ils sont devenus freelance. Certains se disent ravis : « J'ai deux fois plus de travail qu'avant, mais je n'ai plus de patron ! » D'autres sont plus réservés : « Il y a des hauts et des bas. » Rares sont ceux qui se plaignent d'être « en galère, d'abord parce qu'ils ont leur fierté, ensuite parce qu'il semble que les freelances soient doués d'un optimisme inébranlable : « Aujourd'hui ça va mal mais demain ça ira mieux ! » Il vous faut cependant être conscient des difficultés qui vous attendent. « Le gagnant est celui qui prévoit les mauvaises surprises », dit un proverbe américain, et, pour se lancer dans l'aventure du travail indépendant, mieux vaut se blinder d'avance. Ce serait un mauvais service à vous rendre que d'en peindre l'exercice exclusivement en rose, certaines périodes sont réellement difficiles, et il va falloir apprendre à supporter le stress et l'angoisse du lendemain. Jean Ferreux, conseil indépendant, compare le passage du salariat à l'indépendance avec la révolution copernicienne : « Avant, le Soleil tourne autour de la Terre, le chèque mensuel tombe régulièrement. Ensuite, quand on est devenu indépendant, la Terre tourne autour du Soleil et aucune rentrée financière n'est plus régulière : le beefsteak de demain se gagne aujourd'hui. » Si vous êtes toujours accroché à votre rêve, continuez la lecture de cet ouvrage. Mais, au fait, s'adresse-t-il réellement à vous ? "Se mettre à son compte" est en effet un terme vague qui mérite d'être précisé. Votre ambition est-elle de «créer une entreprise » ? La création d'entreprise, qui devient à la mode et tant mieux correspond à un état d'esprit bien éloigné de celui du freelance, sous plusieurs aspects : le créateur d'entreprise "l'entrepreneur", au sens que lui donnait Schumpeter a pour objectif de développer une organisation vouée à une croissance alimentée par la réalisation de plus-values. Il crée des produits ou des services et doit pour cela recruter des professionnels spécialisés qui vont se partager les fonctions induites : marketing, production, gestion. Il a besoin de crédits pour démarrer et développer son projet. Son ambition est de croître et d'embellir. Vous êtes un futur entrepreneur ? Allez à la Chambre de Commerce, à l'APCE (Agence Pour la Création d'Entreprise) , à l'association Entreprendre en France... Les organismes d'aide à la création d'entreprise sont bien organisés. Le freelance a des ambitions différentes
: il veut commercialiser sa seule compétence, et en administrer
lui-même la gestion. L'équipe de professionnels
associés à cet exercice (comptable, avocat, conseil
en marketing) est extérieure et il y fera appel si besoin
est. Sauf parfois pour des locaux ou des achats importants, il
s'autofinance et ne fait pas appel au crédit. S'il embauche
du Cette définition est importante, car elle distingue le freelance comme quelqu'un qui peut exercer son activité sous de multiples statuts, ce qui fait l'objet du premier chapitre de cet ouvrage. Rien n'empêche qu'un jour, il décide de développer son entreprise, d'embaucher du personnel, d'investir dans d'importants moyens de production, mais il cesse alors d'être freelance pour devenir chef d'entreprise. Reconnaissons-le, cette évolution est peu fréquente et ceux qui se reconnaissent dans la définition du freelance ont rarement l'ambition de suivre cette voie. Freelance solo, donc, mais pour quelles activités ? Il est de nombreux métiers qui ne nécessitent pas de longues explications et dont la création et l'exercice sont aidés par des organismes ad hoc. Artisan, par exemple : vous êtes accueilli, conseillé, assisté par la Chambre des Métiers ou devriez l'être, les artisans installés payent pour ça. La définition de l'artisanat est très précise : « toute activité professionnelle indépendante de production, de transformation, de réparation ou de prestation de service ». La liste exhaustive en est énoncée dans le décret n° 98-247 du 2 avril 1998 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 (J.O. n° 79 du 3/4/1998), cf. Annexe D, page 196. Précisons que les artisans peuvent employer jusqu'à dix salariés et qu'au-delà ils deviennent société industrielle. Curieusement, parmi ces artisans figurent les graphistes, parce qu'exerçant une activité "annexe aux professions de l'imprimerie". L'activité intellectuelle qui les caractérise se renforce pourtant avec l'arrivée d'Internet, mais c'est ainsi. Commerçant ? Sont commerçants les indépendants qui achètent et revendent en l'état une marchandise, ordinateurs ou légumes, journaux ou brocante. La Chambre de Commerce est censée vous apporter toute l'aide nécessaire. Pour les principaux métiers de commerçants, il existe des syndicats professionnels souvent très efficaces. Médecin, avocat, notaire, dentiste, architecte, expert-comptable, kinésithérapeute, pédicure, podologue, sage-femme, vétérinaire, géomètre expert, vous faites partie d'une "profession libérale réglementée" et des Ordres sont à votre disposition. Artiste ou technicien du spectacle, mannequin, journaliste, vous êtes salarié et disposez de syndicats professionnels. Vous pouvez cependant exercer en freelance. Le Code du travail imaginait de traiter ainsi
tous les métiers possibles, et d'en assurer la représentation
et la gestion collective. Arrivent les freelances de tous acabits,
conseils, traducteurs, attachés de presse ou de relations
publiques, coiffeuses à domicile, stylistes, informaticiens,
graphologues, pigistes libéraux, rédacteurs, infographistes,
secrétaires, spécialistes de l'environnement, de
la qualité, des télécommunications, astrologues,
détectives privés, tous ceux qui Derrière cette description un peu caricaturale se révèle la réalité : freelance, vous ne disposez d'aucun endroit où vous renseigner, il n'existe nulle institution pour vous aider à vous "mettre à votre compte". Vous êtes pourtant de plus en plus nombreux. Ce livre est fait pour vous et pas pour les autres. Quoique... |
|
L'entreprise en solo « Pour se lancer dans l'aventure du travail indépendant, mieux vaut se blinder d'avance, être capable de supporter le stress et l'angoisse du lendemain. », prévient Michel Paysant, auteur des Carnets pratiques du solo. Un monde qu'il connaît bien [...] Paradoxe La France compte presque 2 millions d'entreprises individuelles. Pourtant, contrairement aux artisans, commerçants et autres professions libérales réglementées, les freelances n'ont ni chambre, ni ordre, ni syndicat. Ils viennent de tous horizons : conseils, traducteurs, stylistes, infographistes, etc. Questions-réponses Ce petit guide accompagne les solos au cours de leur activité : statut juridique, formalités administratives, protection sociale, assurances et retraites, cotisations sociales, relations clients... L'avenir du freelance passe, selon Michel Paysant, par la mise en place de certains services : allocations de chômage, médecine du travail. En annexe, les adresses indispensables et les principaux textes de loi. Bernadette BERGE, Courrier Cadres, 3 mars 2000 L'indépendance sans crise de nerfs Se mettre à son compte, être indépendant : c'est le rêve de centaines de milliers de personnes. La plupart renoncent devant le flot de formalités à accomplir, la complexité des textes [...] En Californie, on peut créer sa boîte en vingt minutes et sans se déplacer. En France, préparez-vous à devoir présenter jusqu'à la copie de votre acte de mariage... Bon, il faut faire avec. Heureusement, Michel Paysant, à la fois journaliste et travailleur indépendant, est passé au travers de cette moulinette. Et il y est arrivé. Et il a la bonne idée d'expliquer dans un guide clair toutes les formalités, les statuts et les démarches qui vous permettront, à vous aussi, de passer à l'acte. Bonne chance. Le Nouvel Observateur, 28 février 2000 Le livre de la semaine : Le guide du freelance Dans les années 90, les ingénieurs licenciés pour cause de crise n'avaient d'autre choix que d'oeuvrer en indépendants. Aujourd'hui, c'est souvent à leur initiative que les professionnels décident de voler de leurs propres ailes. Entre créateur d'entreprise et travailleur à distance, l'indépendant peine cependant à mettre en place les conditions légales, sociales et pratiques de ce statut maltraité, voire ignoré par les textes et administrations. « Le problème des freelances réside dans l'inertie des mentalités et dans l'inadaptation des structures pendant la période de transition. » Michel Paysant, porte-drapeau des indépendants en France depuis de nombreuses années, récapitule l'essentiel pour accompagner l'indépendant en herbe. Choix de la structure juridique, cotisations sociales, assurances : les aspects légaux et pratiques constituent le premier parcours du combattant indépendant. Mais il reste ensuite l'essentiel : constituer et fidéliser sa clientèle, organiser la vie au quotidien sont autant de parcours jonchés d'embûches de toute sorte... Et pour que les « individus aient le choix de leur avenir », l'auteur fait une série de propositions d'amélioration des statuts de l'indépendant. Et il finit par un dernier conseil : « Partez avec un client, jamais sans ! » 01 Informatique, 25 février 2000 |
| Accueil |
|
.